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Bourbon

Les armes primitives étaient : semé de France à une bande de gueules (Steyert) ; plus tard les fleurs de lys furent réduites à trois, la bande devint une cotice, puis un simple filet.

Une tradition bourbonnaise rapporte que, peu de temps avant que les Bourbons parvinssent au trône, la foudre tomba sur le château de Bourbon-l’Archambauld et effaça la cotice qui brisait les armes de France ; au XIIe et XVIIIe siècles, la bande fut réduite à un simple bâton alaizé.

La branche de Bourbon-Montpensier, qui posséda la Dombes, portait, d’après le P, Anselme Hist. généal. des grands officiers de la couronne, t. I, p. 353, d’azur, à trois fleurs de lys d'or, au bâton de gueules en bande chargé d’un croissant d'argent en chef.

Il est à remarquer que les monnaies de Dombes, reproduites dans les planches qui accompagnent l’excellente Notice sur la monnaie de Trévoux et de Dombes, par M. Mantellier, ne donnent point, sur l’écusson au revers, le croissant d'argent sur le bâton. Le P. Anselme semble en avoir fait une brisure de la branche des Bourbons-Montpensier, qui remplacèrent les ducs de Bourbon en 1505, dans la possession de la Dombes : malgré l’autorité du savant généalogiste, les armoiries des Bourbons, souverains de Dombes, doivent être rectifiées ainsi : d'azur, à trois fleurs de lys d’or, au bâton de gueules brochant sur le tout.

Le cadre restreint de cet ouvrage ne nous permet pas de donner l’histoire de cette antique famille, la plus considérable par son ancienneté, par sa noblesse, par les princes et rois qu’elle a donnés ; nous renvoyons au magnifique ouvrage de M. de Chantelauze, et au P. Anselme que nous venons de citer.

Louis II de Bourbon, légataire d'Edouard de Beaujeu en 1400, se mit en possession de la principauté de Dombes; il agrandit son avoir en achetant, le 11 août 1402, au prix de trente mille francs d’or, d’Humbert VII, dernier sire de Villars, le Château de Trévoux, Ambérieux en Bresse et le Châtelard.

Jean II, duc de Bourbon, y joignit, le 7 mai 1473, le comté de Villars, qui était au milieu de ses terres.

Trévoux devint capitale de la Dombes; les ducs y frappèrent monnaie.

Suzanne de Bourbon porta ses biens à son mari, Charles de Bourbon, comte de Montpensier, connétable de France, en 1505 ; à la mort de ce dernier, arrivée le 6 mai 1527, la Dombes, sur laquelle François Ier avait mis la main dès l’année 1523, fut réunie à la couronne de France par arrêt du Parlement de Paris du 26 juillet 1527. Trois rois de France la possédèrent comme souverains immédiats François Ier (1523), Henri II (1547), François II (1559) ; il fallut un long procès en réclamation pour décider ce dernier à rendre, en 1560, la Dombes à Louis de Bourbon, duc de Montpensier, neveu du connétable, comme fils de sa sœur, princesse de la Roche-sur-Yon.

Ses successeurs se continuèrent à la tête de la principauté jusqu’à Anne-Marie-Louise de Bourbon, dite La Grande Mademoiselle, qui fit don, en 1680, de la souveraineté, à Louis-Auguste de Bourbon, duc du Maine, fils naturel de Louis XIV; le fils de ce dernier, Louis-Auguste II, mourut en 1755, laissant sa succession à Louis-Charles, duc de Bourbon, prince de Dombes, qui échangeable 28 mars 1762, sa principauté de Dombes contre le duché de Gisors.

En 1784, la Dombes fut réunie à la Bresse et comprise dans la Généralité de Bourgogne.